Lautresite, le jour, les billets de février 2007
   


 
 
Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On attend les résultats de l’opération et on se demande qui participera à quoi. On sait que la Tour Eiffel sera éteinte, que l’Atomium aussi et que des radios, au Québec, par exemple, n’émettront pas pendant ces cinq minutes. Le plus étonnant, ça va être de regarder la coupure d’électricité à la télévision, puisque même la RTBF a prévu de faire quelque chose pendant son journal, mais on se demande bien quoi — peut-être éteindre dans le studio ?, peut-être un JT à la bougie ?, peut-être un écran noir ?—, mais quelque chose qui, de toute façon, ne pourra pas être vrai, une vraie fausse coupure si on ose dire, mais de toute manière, pour le savoir, il faudra bien allumer la télé pour vérifier que la télé a bien éteint la télé. Ces actes symboliques nous font en effet souvent entrer dans des paradoxes surprenants, un peu comme « Alliance pour la Planète », l’association dont tout est parti et qui a diffusé ses messages par Internet, ces écrans branchés sur le monde et dans une prise femelle. Des paradoxes qui ne font sans doute que souligner une dépendance et une habitude dont on nous demande aujourd’hui, non pas d’y renoncer, mais de nous en rendre compte. Donc, ce soir, tout un monde devrait se débrancher, tout un monde devrait se déconnecter et l’on se prend à rêver que l’on disjoncterait une dernière fois pour de bon, ce soir, en attendant le rapport que nous remettront demain les scientifiques du GIEC, ces spécialistes du climat réunis à Paris et dont les premières conclusions qui commencent à paraître ici et là nous font froid dans le dos car comme le dit précisément cette spécialiste canadienne des glaces polaires : « Plus nous avancerons dans le 21ème siècle et plus les surprises seront désagréables ». Ces cinq minutes, peut-être bien après tout qu’elles veulent nous dire exactement cela, qu’il est moins cinq.