Lautresite, le jour, les billets de janvier 2007
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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C’est tellement compliqué de faire du politique aujourd’hui et c’est tellement difficile, aussi, de l’être. Alors, maintenant que la politique est devenue un spectacle, mais un mauvais spectacle, on a l’impression que quelqu’un qu’on avait pas vu vous a dérobé un morceau de votre bulletin de vote. Et qu’a-t-il bien voulu dire, Michel Daerden, en sortant de scène, comme quoi il se rendait compte aujourd’hui que c’était un vrai métier ? De quel métier parlait-il ? De celui de bateleur de foire ou de celui d’élu du peuple ? Et ce Gérald Dahan qui distille sur les radios privées des extraits de son imposture en précisant toutefois que l’intégrale sera audible uniquement dans son prochain spectacle qui sera évidemment bientôt à l’affiche ? Avant, les rois avaient leurs fous, aujourd’hui ce sont les bouffons qui font de la politique et pensez bien qu’ils savent exactement de quel côté leur tartine est beurrée. Quand un comique pèse sur la politique, qu’un ministre participe à un show, que les rôles s’inversent et que les postures permutent, on est moins sûr que jamais de son statut de citoyen. Surtout que l’on sait bien que la critique en cette matière est parfaitement inopérante. On peut tout dire de Michel Daerden aujourd’hui, du moment que l’on prononce précisément ces mots : Michel Daerden. Et si l’on peut snober Gérald Dahan, il reste compliqué d’aller contre les rieurs qui sont, comme on le sait, le plus grand parti de France. Pourtant, l’on se dit que les enjeux sont plus grands que les hommes qui prétendent y répondre. On s’amuse peut-être sur les scènes du Forum de Liège ou du Gymnase à Paris. Il y a d’autres humoristes qui siègent à Paris, ces jours-ci, pour rappeler au monde politique que la planète les convoque à ses urgences. Ah, le niveau baisse et la mer monte. Il va bien falloir un jour qu’on se décide à prendre les choses du bon côté de la marée.