Lautresite, le jour, les billets de janvier 2007
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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Le tirage au sort représente la quintessence du système démocratique.Vous savez comment ça s’appelait du temps des anciens Grecs cette façon de se livrer au bel hasard — un hasard grec, bien entendu, où chacun n’était pas citoyen — vous savez quel était le nom de cette manière aléatoire de décider ? Hé bien, je vous le dis, cela s’appelait la stochocratie et je vous prie, surtout si vous êtes ministre de l’Enseignement supérieur de bien vouloir retenir ce nom. Parce que voilà, cette idée peut tout changer de votre façon de voir l’Europe. Jusque là, vous pensiez que nous avions mis sur pied un système qui nous permettait d’éviter la trop grande présence d’étrangers dans notre enseignement et vous trouviez cela, comment dire, un peu protectionniste, cela vous dérangeait, vous connaissiez bien les difficultés financières de la Communauté mais tout de même vous ne compreniez plus rien des échanges de savoirs en Europe et vous vous demandiez à quoi pouvait encore rimer les programmes Erasmus où votre petit neveu partait pour Barcelone tandis que vous receviez, chez vous, un étudiant de Dublin, de Lodz ou pire de Lappeenranta en Finlande. Et voilà justement que l’Europe— et l’annonce en a été faite en quelque sorte sur cette même antenne il y a quelques jours par le Commissaire Frattini — considère aujourd’hui que nos économies ne peuvent plus se passer de ressources étrangères, fussent-elles françaises et dussent-elles nous coûter un peu ou beaucoup lors de leur accueil. La Commission a donc sommé la Communauté de reconsidérer le sort qu’elle réserve aux étudiants étrangers qui ne trouvent pas chez eux de quoi s’éduquer. C’est une bonne, c’est une excellente nouvelle. En ce jour du vendredi 26 janvier 2007, actons donc que la Commission européenne a intégré une nouvelle sorte de réfugiés, on les appellera, si vous le voulez bien, des réfugiés pédagogiques. On ne dit rien, mais on trouve que depuis le Moyen-âge, on avance.