Lautresite, le jour, les billets de janvier 2007
   


 
 

Ces chroniques sont diffusées à 7h15 tous les matins sur "Matin première" RTBF.

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On comprend donc que ce n’est pas parce que la violence s’est passée à l’école qu’il s’agit pour autant de violence scolaire. Pourtant, comme à chaque fois qu’un fait divers devient un objet social, on va vite, on mélange les effets et les causes, on agit dans l’urgence et l’on
entend déjà, ici et là, des propositions qui fusent. Et l’on sent bien que l’on va nous parler de mesures immédiates à prendre, de nombre de places à créer rapidement dans tel ou tel centre, de budgets de sécurité notoirement insuffisants, etc… et l’on se dit : pourvu, pourvu que cela ne donne pas lieu encore à une nouvelle batterie de propositions de décrets ou de projets de lois. Je veux dire : pas encore quelque chose qui donne raison à la colère d’un seul en réduisant les libertés de tous. Ces derniers temps, parce que d’autre jeunes hommes avaient, eux aussi, préféré leur colère, on a inventé beaucoup de choses — jusqu’au stage parental —, mais on a oublié, par exemple, le rendez-vous que l’on avait accordé aux amis de Joe et qu’ils ont attendu six mois. Ils avaient pourtant des choses à dire aux ministres et au gouvernement, par exemple sur la façon dont on avait traduit leur désarroi. Et les professeurs de l’Institut Cousot, que disent-ils ? Ils disent qu’ils ont besoin d’éducateurs. Cela ne devrait étonner personne que l’éducation ait besoin d’éducateurs. Que va-t-on bien pouvoir leur répondre ? Que les budgets ont été utilisés pour des caméras de surveillance ? Ce matin, l’on pense au directeur de l’Institut Cousot de Dinant et aux coups de couteau qu’il a reçus…