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Le jour de Noël dernier, quatre
portes se sont ouvertes et le temps est venu à quatre reprises.
Au Japon, la peine de mort se pratique par pendaison. A Noël dernier,
on a notamment pendu un homme de 75 ans, handicapé des jambes.
Il était chrétien. En toutes circonstances, le bourreau
veille à la symbolique. Ainsi, Saddam Hussein pendu le jour de
l’Aïd. Et nous avons regardé, dans le monde entier,
la bande-annonce d’un snuff-movie ou bien le film en entier, selon
les affinités, et c’était bien la chose la plus
pornographique que l’on ait vue en prime time et ce qui était
plus odieux encore, c’était le son : Saddam a été
exécuté par des bourreaux haineux lui hurlant aux oreilles
leurs cris de vengeance. Pendant un moment, du temps des « événements
» de l’Algérie française, Albert Camus n’était
pas arrivé à choisir entre la Justice et sa mère.
Finalement, il avait choisi sa mère. Les bourreaux de Bagdad
ont fait pire, ils se choisi, eux. En bricolant une corde trop longue
qui a arraché la tête de Barzan Al-Tikriti, le demi-frère
de Saddam pendu lundi dernier avec Awad Al–Bandar, les bourreaux
ont continué de se préférer à la Justice.
Ils ont littéralement appliqué la peine capitale, celle
qui peut, étymologiquement, coûter la tête. Ou la
couper, selon les cas. « Cela arrive rarement, mais c’est
arrivé, c’est la volonté de Dieu » a dit le
porte-parole du gouvernement irakien. Sur quoi Condoleeza Rice a ajouté
qu’elle eût préféré que les deux hommes
fussent exécutés « avec plus de dignité ».
En quoi l’on voit que l’on peut être pendu une fois
par la corde et l’être une deuxième fois par les
mots. Peut-être bien, après tout, que « le temps
est venu » d’arrêter de nous habituer à ces
dignités béates et satisfaites qui font d’une mort
administrativement correcte une mort convenable. Condoleeza n’a
rien dit des 80 morts d’hier, à Bagdad.
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