Lautresite, le jour, les billets de janvier 2007
   


 
 
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En menaçant de déposer un préavis de grève pour toute l’année 2007 si leurs revendications n’étaient pas entendues — il manque 200 personnes au cadre — les policiers carolos sont peut-être en train de changer radicalement l’image de Chicago sur Sambre qu’on accolle, parmi d’autres, à cette ville de fumées et de faire de Charleroi la ville la plus tranquille du Royaume. Car le paradoxe veut que si vous supprimez un poste de police, les chiffres des délits chutent immédiatement puisqu'il n'y a plus personne pour les recueillir. Si les ministres de l'Intérieur décidaient donc d'interdire la police, nos pays deviendraient conséquemment des pays sûrs. Voilà un paradoxe dont certains accusent d’ailleurs Nicolas Sarkozy d’avoir abusé afin de faire baisser les derniers chiffres de la délinquance en France. Car il faut de temps en temps casser l’un ou l’autre thermomètre pour que la température du corps social ne monte pas trop. Tout cela parce que nous avons pris l’habitude de confondre sécurité et lutte contre la délinquance…
Hier, une autre nouvelle nous venait du Pays noir. En 2006, à Marchienne–au-Pont, entité de Charleroi, on a dépassé les normes tolérables en particules fines pendant 177 jours. Soit un peu moins d’un jour sur deux. Les particules fines, ce sont par exemple des aérosols, des fumées, des poussières ou des cendres volantes et elles sont si minuscules qu’elles pénètrent allègrement dans vos poumons et réduisent votre espérance de vie d’au moins une année dans une région où les hommes meurent déjà trois ans plus tôt que la moyenne des Belges. De redoutables tueuses, ces particules. Pourtant, contre cette insécurité là, personne n’a encore menacé de partir en grève. Vous avez dit paradoxe ?