Lautresite, les billets hebdos de fin 2006
   


 
 



On dirait que tout le monde, ces temps-ci, se donne le mot pour attirer notre attention, qui sur le réchauffement climatique, qui sur la situation des quartiers défavorisés, qui sur la scission de la Belgique, en utilisant des procédés, disons, manipulatoires, certains diraient ludiques, qui disent le faux pour prêcher le vrai. En foi de quoi, la glaciation n’a pas encore atteint nos côtes, Droixhe n’a pas brûlé samedi dernier et la Belgique est toujours, en ce lundi 18 décembre, un Etat fédéral. Posons-nous la question, tout de même, de savoir pourquoi notre attention demande à être attirée et pourquoi des gens, un peu partout, se sentent légitimés à vouloir l’amener à eux. Normalement, c’est le rôle des médias, mais aussi de tout ce qui bouge dans la société civile, de faire ce travail en toute sérénité, en toute ouverture d’esprit, en toute impartialité. Et encore aujourd’hui, par exemple, le Centre pour l’Egalité des chances distribue dans les gares, en ce jour international du Migrant, un petit questionnaire qui fait le point sur les idées fausses que nous pouvons avoir sur l’état de l’immigration dans notre pays, un petit jeu très instructif, essayez, vous verrez. Mais pourquoi, de fait, certains veulent-ils alors forcer la réalité lorsqu’elle est là tout entière sous nos yeux ? Nous pense-t-on à ce point insensibles ? Ou croit-on que seul le recours à l’émotion spectacularisée ou mise en scène peut nous amener à réagir et nous conduire à réfléchir notre avenir ? Le malheur réel n’est-il pas déjà suffisant comme cela pour qu’il faille encore se donner le grand frisson d’une catastrophe supplémentaire ? Ce sont des choses qu’il nous faudrait discuter sans attendre, mais où le faire encore, et avec qui, si les médias ou les institutions décident de quitter le champ du débat pour préférer celui l’apparat ?

NB : Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 4146 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.