Lautresite, les billets hebdos de fin 2006
   


 
 



Pendant 17 ans, vous avez dirigé le Chili et ce que l’on retient de vous, ce sont d’abord les noms de morts à qui vous avez refusé parfois même jusqu’à la sépulture. Cela fait plusieurs fois que vous recevez l’extrême-onction et il est juste de dire qu’encore une fois on vous a donné le bon dieu sans confession parce que, de fait, le pardon, vous ne l’avez jamais accordé ni jamais demandé. Vos dernières années ont hésité entre les assignations à résidence et les libérations pour raisons humanitaires, vous êtes poursuivi depuis 1998 mais, toujours, vous qui êtes officiellement considéré comme un dément léger, vous avez réussi à vous échapper, à prendre de l’avance, à jouer les filles de l’air. On vous disait grabataire, et voilà que l’on vous voyait sautiller comme un gamin. Si bien que cette fois-ci encore, certains doutent de l’état de votre état de santé. Ils pensent, qu’encore une fois vous tentez de différer, de postposer, de repousser, de retarder les échéances judiciaires parce que, à tout prendre, vous préférez vous rendre dans les bras de Dieu et que mourir sans peine judiciaire est pour vous mourir sans peine aucune. En cela, vous nous rappelez un autre salaud gériatrique, Maurice Papon, sur lequel la justice des hommes a passé, mais qui, comme vous, a bénéficié de libéralités humanitaires qui n’ont jamais profité à vos victimes. Vous vous souviendrez qu’il a été libéré de sa prison le 18 septembre 2002, parce que sa santé était déficiente et que le pronostic vital était engagé. Je ne jouerai jamais aux courses avec des médecins pratiquant si mal les pronostics parce que, tout de même, il vient de fêter sa quatrième année hors des barreaux, Maurice Papon. Il a aujourd’hui 96 ans. Vous en avez 91 : sur l’échelle de l’ignominie et du déshonneur, vous êtes un jeune homme. Alors, tenez encore un peu. Parce que vous devez rendre aux hommes plus que votre dernier souffle.

NB : Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 4132 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.
NB 2 : Depuis sa libération, le 18 septembre 2002, il y a aujourd'hui 1538 jours que Maurice Papon est libre et vivant.