Oh, bien sûr, certains vous
avaient gourmandé, prétextant que vos enfants, tout de
même, étaient en âge de prendre seuls le train ou
l’avion. Mais non, vous étiez retourné les rechercher
et cela, croyez-moi, moi qui suis aussi un père de famille, j’y
ai été très sensible. C’est dommage que les
ministres des Centres fermés n’aient pas partagé
ces attentions pour Tabitha. Vous voyez de qui je parle, cette petite
Tabitha, de cinq ans, qui avait été enfermée seule
durant deux mois dans un centre fermé, qui avait été
expulsée seule vers un pays qui ne l’attendait pas et qui
vient de vous coûter tout de même 50.000 €. C’est
la Cour européenne de Strasbourg qui a condamné —
le mois dernier, pour traitement inhumain —le pays dont vous gérez
les centres fermés. Vous allez me dire qu’en 2002, lorsque
a été expulsée Tabitha, vous n’étiez
pas en poste et que c’était un autre ministre des Centres
fermés qui s’en était chargé. Mais vous voyez
bien que nos actes nous suivent et que l’addition peut-être
salée. Et aujourd’hui, voilà qu’une jeune
femme angolaise de 21 ans, enceinte de sept mois, risque à nouveau
l’expulsion et habite désormais dans la zone de transit
de l’aéroport national. C’est inquiétant,
le sort que vous réservez aux femmes et aux enfants. Nous ferez-vous
un charter pour Noël ? Avouez que cela aurait un chic fou, un charter
de femmes enceintes, le 24 décembre, au-dessus de l’Atlantique
ou de la Méditerranée. Peut-être même qu’on
en parlerait encore des siècles plus tard… Vous voyez ce
que je veux dire… Allons, monsieur le ministre des Centres fermés,
je veux bien faire le bœuf si vous me promettez d’arrêter
de faire l’âne.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 4125 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.