On apprend un soir à la
radio, que l’usine Volkswagen de Forest est en danger. Elle est,
elle aussi, en voie de disparition ou, à tout le moins, à
ce que pense aujourd’hui, en voie de raréfaction. Moins
de travail sans doute. Et 10.000 emplois, directs et indirects sont
menacés. On a entendu déjà, et l’on entendra
encore, de fortes paroles politiques à ce propos. Il faut sauver
ce qui peut l’être à VW Forest, inciter les Allemands
à la modération, respecter la Loi Renault, faire jouer
les mécanismes européens, etc… Pourtant, ce sont
les mêmes femmes et les mêmes hommes politiques qui nous
incitent, pour lutter contre le CO2 et l’effet de serre, à
utiliser le transport en commun, à préférer le
vélo, à nous passionner pour la marche à pied,
voire, en dernière hypothèse, à oser la voiture
partagée. Un homme sain d’esprit ne devrait donc pas s’étonner
que les conséquences aient des causes et que moins de voitures
utilisées égalent moins de voitures vendues et donc moins
de voitures construites et donc moins d’ouvriers pour les fabriquer
ou alors des ouvriers moins chers, ailleurs, plus loin. L’économie
et la politique perdent leur latin, ces temps-ci. Et l’offre et
la demande ne se comprennent plus.
Voilà. Cette histoire est une sorte de fable dont je n’ai
pas la morale. L’homme du 21ème siècle se retrouve
à devoir choisir entre l’emploi des ouvriers et la présence
des mésanges dans ses jardins. Plus de voitures pour plus de
CO2 ou moins de CO2 pour plus de mésanges. On en est là,
ou à peu près. Qu’est-ce qu’il nous faut inventer
pour conserver les deux ? Peut-être, par exemple, créer
dix mille emplois pour sauver les mésanges. Et les gobe-mouches.
Et les moineaux. Et les hirondelles. Et les fauvettes. Il y a aujourd’hui
une demande. Il nous reste à créer l’offre.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 4118 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.