Lautresite, les billets hebdos de fin 2006
   


 
 



On apprend un soir à la radio, que l’usine Volkswagen de Forest est en danger. Elle est, elle aussi, en voie de disparition ou, à tout le moins, à ce que pense aujourd’hui, en voie de raréfaction. Moins de travail sans doute. Et 10.000 emplois, directs et indirects sont menacés. On a entendu déjà, et l’on entendra encore, de fortes paroles politiques à ce propos. Il faut sauver ce qui peut l’être à VW Forest, inciter les Allemands à la modération, respecter la Loi Renault, faire jouer les mécanismes européens, etc… Pourtant, ce sont les mêmes femmes et les mêmes hommes politiques qui nous incitent, pour lutter contre le CO2 et l’effet de serre, à utiliser le transport en commun, à préférer le vélo, à nous passionner pour la marche à pied, voire, en dernière hypothèse, à oser la voiture partagée. Un homme sain d’esprit ne devrait donc pas s’étonner que les conséquences aient des causes et que moins de voitures utilisées égalent moins de voitures vendues et donc moins de voitures construites et donc moins d’ouvriers pour les fabriquer ou alors des ouvriers moins chers, ailleurs, plus loin. L’économie et la politique perdent leur latin, ces temps-ci. Et l’offre et la demande ne se comprennent plus.
Voilà. Cette histoire est une sorte de fable dont je n’ai pas la morale. L’homme du 21ème siècle se retrouve à devoir choisir entre l’emploi des ouvriers et la présence des mésanges dans ses jardins. Plus de voitures pour plus de CO2 ou moins de CO2 pour plus de mésanges. On en est là, ou à peu près. Qu’est-ce qu’il nous faut inventer pour conserver les deux ? Peut-être, par exemple, créer dix mille emplois pour sauver les mésanges. Et les gobe-mouches. Et les moineaux. Et les hirondelles. Et les fauvettes. Il y a aujourd’hui une demande. Il nous reste à créer l’offre.

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 4118 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.