Aujourd’hui 300 millions
de personnes dans le monde bénéficient des ces prêts.
Ce n’est pas rien 300 millions de personnes, demandez le aux Américains,
ils seront 300 millions demain. Et le taux de remboursement de ces emprunts,
à la Grameen Bank, est de plus de 98% et 97% des utilisateurs
sont des utilisatrices. Mais, non, ça ne semble pas être
de l’économie. Ou alors, c’est que lorsque l’économie
s’adresse aux pauvres, ça ne s’appelle pas de l’économie,
mais de la charité, de la générosité, au
mieux de la solidarité. Tandis que lorsque l’économie
parle aux gouvernements, c’est du sérieux, et ça
mérite le prix Nobel… d’économie. Les jurés
norvégiens ont donc tranché, ils ont fêté
la macroéconomie d’un côté et la microfinance
de l’autre. Imaginez la tête que ça aurait eu, pourtant,
un double prix Nobel — la paix et l’économie —
attribué à la même personne. Bien sûr que
le microcrédit n’est pas la solution unique à la
question du développement. Et bien sûr aussi que le jury
Nobel a fait preuve d’un vrai courage en créditant le microcrédit
là où les gouvernements et les instances internationales
se sont montrés jusqu’ici assez frileux. Mais tant qu’à
dire, comme l’a fait ce jury, que la recherche de la paix n’est
pas seulement affaire de négociateurs, de médiateurs ou
d’hommes exemplaires, on aurait peut-être voulu qu’il
tire les conclusions de cette simple opération arithmétique
: 1+1 = 2.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 4083 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.