Lautresite, les billets hebdos de fin 2006
   


 
 



Ce matin, cependant, on aurait bien dit que les armées de caméras et les forêts de stylos avaient reflué. Une fois le scrutin scruté, une fois la dépouille du vote étalée sur la table, on aurait bien dit que la presse étrangère était partie la queue basse, vaguement déçue de ce pays sans montagne qui avait accouché d’une souris.
Les Anversois, c’est vrai, ont déjoué, comme on dit en football. On dirait bien qu’Anvers a entamé avec le Vlaams Belang — si vous êtes journaliste étranger prononcez Vlaams Bélang —, on dirait bien, donc, qu’Anvers a entamé avec le Belang, une guerre psychologique. Ce n’est pas gagné, mais ça avance. On dirait bien aussi que l’extrême droite, en Wallonie, a fait profiter la démocratie de ses divisions et de ses incuries. Bien sûr que ni le Belang ni tous les fronts ou toutes les forces “national” n’ont disparu, bien sûr que leurs scores sont insupportables. Mais c’est devenu une telle banalité en Europe aujourd’hui, l’extrême droite. L’étonnant, ce n’est pas qu’il y en ait, c’est qu’il n’y en ait pas. Alors, alors, qu’est-ce qu’il restait à voir ? Ici et là, quelques tragédies grecques avec des acteurs insuffisamment connus pour fournir matière à papier. Nos reporters ont donc plié leur bagage, frustrés qu’aucune pétarade ou aucune explosion n’ait troublé leur voyage. C’était mal entendre. La détonation, elle s’est produite à Moscou, samedi, dix balles pour Anna Politkowskaia, cette journaliste libre, belle et rebelle. L’explosion, elle s’est produite cette nuit en Corée du Nord : un monstre nucléaire a remué la terre. Car soyons-en sûrs, pendant les élections, avec ou sans micros, le malheur continue.

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 4076 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.