Lautresite, les billets hebdos de fin 2006
   


 
 



Quels que soient, demain, les résultats de l’autopsie et même s’il se trouvait que ces jeunes avaient raison, ils ont été trop rapides. Ils n’ont pas laissé le temps de la justice venir. C’est ainsi que cette précipitation, que tout le monde partage, apparemment, nous fait vivre dans un monde où la sanction précède le jugement. Le temps de la justice n’est pas le temps du politique qui n’est pas le temps du citoyen. Chacun, dans les choses de la société, a son propre rythme. Il arrive qu’ils s’épousent, il arrive aussi qu’ils se repoussent. La justice, par exemple, vient d’être accusée d’être trop lente ou, plus exactement la justice vient d’accuser le politique de la condamner à être trop lente. Nous avons tous entendu cela, la semaine dernière, que la Cour de cassation avait confirmé une décision judiciaire condamnant l’Etat belge pour ne s’être pas donné les moyens de faire en sorte que les procès, dans notre pays, se déroulent dans un délai raisonnable. Pas assez de magistrats, trop de procès. Et pour les justiciables que nous sommes, quinze ans d’attente, parfois, vous imaginez ! Cela tranche radicalement avec les décisions rapides qu’a prises le gouvernement dans des affaires récentes. Le judiciaire vient donc de condamner le législatif à lui permettre de faire son métier, qui est celui de rendre la justice, et non pas de courir derrière la politique lorsqu’elle s’emporte ou de faire du sur-place lorsqu’elle a décidé de freiner. J’ai l’impression d’avoir, en ce début de semaine, gagné un peu de temps. Je vais l’utiliser à penser les jours qui viennent, qui sont des jours importants, pour le politique…

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 4069 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.