Quels que soient, demain, les résultats
de l’autopsie et même s’il se trouvait que ces jeunes
avaient raison, ils ont été trop rapides. Ils n’ont
pas laissé le temps de la justice venir. C’est ainsi que
cette précipitation, que tout le monde partage, apparemment,
nous fait vivre dans un monde où la sanction précède
le jugement. Le temps de la justice n’est pas le temps du politique
qui n’est pas le temps du citoyen. Chacun, dans les choses de
la société, a son propre rythme. Il arrive qu’ils
s’épousent, il arrive aussi qu’ils se repoussent.
La justice, par exemple, vient d’être accusée d’être
trop lente ou, plus exactement la justice vient d’accuser le politique
de la condamner à être trop lente. Nous avons tous entendu
cela, la semaine dernière, que la Cour de cassation avait confirmé
une décision judiciaire condamnant l’Etat belge pour ne
s’être pas donné les moyens de faire en sorte que
les procès, dans notre pays, se déroulent dans un délai
raisonnable. Pas assez de magistrats, trop de procès. Et pour
les justiciables que nous sommes, quinze ans d’attente, parfois,
vous imaginez ! Cela tranche radicalement avec les décisions
rapides qu’a prises le gouvernement dans des affaires récentes.
Le judiciaire vient donc de condamner le législatif à
lui permettre de faire son métier, qui est celui de rendre la
justice, et non pas de courir derrière la politique lorsqu’elle
s’emporte ou de faire du sur-place lorsqu’elle a décidé
de freiner. J’ai l’impression d’avoir, en ce début
de semaine, gagné un peu de temps. Je vais l’utiliser à
penser les jours qui viennent, qui sont des jours importants, pour le
politique…
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 4069 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.