Mais bon, savent-ils, ces skinheads
néo-nazis, que la plus grande défaite des Vikings leur
fut infligée par les Musulmans du temps où ils occupaient
l’Espagne ? Savent-ils aussi que les Vikings n’étaient
pas un peuple ou une tribu mais des jeunes gens sans terre voulant faire
fortune et partant pour cela en viking, c’est-à-dire en
expédition ? Arrivant avec une langue, une écriture et
une religion, ils ne l’imposèrent pourtant nulle part ;
ils brûlérent des monastères pour se convertir ensuite
au christianisme ; ils conquirent la Normandie pour s’allier peu
après au roi de France. En vérité, il n’y
a pas de meilleur exemple d’intégration que les Vikings.
Rien à voir avec cette imagerie barbare de jeux vidéos
guerriers ou de bouquins d’heroic fantasy. On le sait, le culte
se nourrit de l’inculte et il n’y en a sûrement pas
un parmi eux pour savoir que les bateaux des Vikings se sont appelés
Knorr, Langskipp ou Snekkja mais sûrement jamais drakkar, mot
inventé au 19è siécle.. Cette inculture n’a
pas été vaincue par l’école —le chef
du groupe, Thomas Boutens, a fait comme les Vikings, il a mis le feu
à la sienne quand il avait 19 ans. Elle n’a pas non plus
été vaincue par l’armée, on dirait même
qu’elle y a plutôt fait son nid. L’Etat, qui a craint
d’être déstabilisé par ce groupe extrémiste,
a, plus sûrement, manqué d’aplomb et de présence.
L’Etat a manqué à l’école, l’Etat
a manqué à l’armée. Ce ne sont peut-être
bien que quelques pommes pourries, comme a dit le ministre de la Défense,
mais on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est
l’Etat qui a fabriqué le panier.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 4048 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.