Lautresite, le jour, les billets de juin 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 9 juin 2006
. Pascal Boniface le disait ici même, mercredi dernier : il est plus facile pour un jeune Arabe ou un jeune Noir d’être titulaire dans l’équipe de France de football que d’être élu à l’Assemblée nationale. Un paradoxe, poursuivait-il, puisqu’il n’y a tout de même que onze postes en équipe nationale tandis qu’il y en a 577 à l’Assemblée. On parlait ce matin là, à la radio, des facultés d’intégration du football et ça m’a fait penser à Jo Fargeon. Vous ne connaissez sans doute pas Jo Fargeon, alors je vous raconte. Jo Fargeon n’est pas son vrai nom, il s’appelle Joseph Etongo Eboue, il est né Camerounais, il est footballeur, il a fait ses classes chez les Lions Indomptables et au Tonnerre de Yaoundé avant d’être appelé en Belgique en 1995 par l’Union saint-gilloise où il se blessa, joua peu, fut transféré à Wavre, joua peu, eut des problèmes de papiers, puis passa à Grez-Doiceau, puis à Jodoigne, Chaumont–Gistoux et enfin à Incourt, en quatrième provinciale où il était jouer-entraîneur. Jo Fargeon qui est devenu belge est sans doute le joueur africain qui connaît le mieux le Brabant wallon. A 34 ans, il raccrochait ses crampons, le week-end dernier, en organisant, à Wavre, un match de gala comme seules les stars peuvent en rêver. (...)