Lautresite, le jour, les billets de juin 2006
   


 
 

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En ce jour du jeudi 8 juin 2006.
Si l’on comprend bien — mais nous sommes spécialement mal embouché ces temps-ci — il faudrait, pour résider en France, ne connaître que la langue française. Nous parlons de ces histoires terribles de familles d’illégaux risquant la reconduite dans leur pays à l’expiration de l’année scolaire de leurs enfants. Le ministre de l’Intérieur a donc pris cette décision de choisir parmi les exclus, suggérant une “agréation choisie” reposant sur trois critères : que l’enfant soit né en France, qu’il soit scolarisé et qu’il ne sache pas parler sa langue maternelle. On voit d’ici ce que cela engage en dissimulation, en comédie et en subterfuge. Ces histoires d’enfants qui doivent cacher quelque chose nous en rappellent évidemment d’autres — “Souviens-toi que désormais tu t’appelles Jean-Marie et que tu es baptisé” — et nous ne pouvons décidément pas échapper aux choses que nous savons, à ce que nous avons lu, à ce que nous avons vu : il nous est devenu définitivement impossible de ne pas entendre ce qui se tait. Nous avions lu aussi quelques rapports de pédagogues précisant qu’une bonne pratique de sa langue maternelle permettait un apprentissage plus rapide d’une langue étrangère et qu’elle faciliterait ce que l’on appelle l’intégration, ce beau mot tout droit dont, d’un côté comme de l’autre de l’immigration, l’on s’échine à assécher le sens. (...)