Lautresite, le jour, les billets de juin 2006
   


 
 

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En ce jour du mardi 6 juin 2006.
D’un côté, il y a la Pentecôte où, sans faire d’effort, chacun parla et se comprit “en langues”. De l’autre côté, il y a Babel où les idiomes furent séparés de façon à ce que nul ne se comprenne plus. Au milieu, quelque part, il y a le lundi de Pentecôte français. C’est un jour où la République ne sait où donner de la tête ni de la voix. Chacun vaque, les uns travaillant, les autres chômant, ratiocinant sur une ultime raffarinade, héritage sans testament de la dernière des canicules, ces semaines entières de l’été 2003 où un ciel délétère sembla avoir décidé de brûler les terres et les airs. Nous surprenons ainsi la France comme au début d’elle-même : une nation naissante où heures et mesures différeraient, où la révolution ne serait pas passée, où Monge, Lavoisier, Borda ou Delambre n’auraient pas existé et où la dérégulation ferait norme. Un pays dissonant, fait de tohu et de bohu, où le roi jouait au soleil et dont l’horloge marquait midi à Versailles quand il ne l’était pas à Marseille. Peu de surprise, alors, d’entendre Ségolème Royal — dont tout le monde aura compris que son lundi de Pentecôte n’était pas chômé — défaire sur l’autel de ce jour convulsif les trente-cinq heures de Martine Aubry. (...)