Lautresite, le jour, les billets de juin 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 2 juin 2006.
Je pense bien que le mot “ersatz” est l’un des premiers que j’ai retenu des récits de la Deuxième guerre mondiale. On dirait que c’est un mot allemand et, d’ailleurs, c’en est un. C’est peut-être pour cela que je l’ai retenu. Nos parents nous disaient : on avait pas de beurre, on n’avait que de l’erzatz. Ou bien alors : on n’avait pas de café, mais du succédané. Moi qui ne vis pas en guerre aujourd’hui, je sais pourtant que mon beurre est allégé et mon café décaféiné. Mon beurre et mon café, c’est de l’erzatz. Mais de l’ersatz volontaire, j’accepte ces substituts et même je les paie un peu plus cher. Peut-être serez-vous d’accord avec le philosophe slovène Slavoj Zizek pour dire que nous vivons aujourd’hui une époque light et pour vous demander, comme moi, comment nous en sommes arrivés là. Il faut dire que l’État nous observe comme jamais. Il sait que chacun d’entre nous est une bombe sociale en puissance. Puisque fumer ne vous nuit pas seulement à vous mais à votre entourage et qu’être obèse n’est pas seulement un poids pour vous mais pour la sécurité sociale, votre santé n’est plus tout à fait la vôtre, elle appartient à tout le monde. (...)