# Le lundi 29 mai,
le bureau du PS devait statuer sur les sanctions à prendre après
les diverses malversations et inculpations de Charleroi. Les mesures
les plus significatives furent de demander la démission de l’échevin
Cariat (aujourd’hui emprisonné), de prendre acte de la
décision de JP De Clerck de ne pas se représenter aux
prochaines élections (sans obtenir son départ immédiat)
et d’assurer le bourgmestre Van Gompel d’un soutien unanime.
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Nous avons connu, il y a quelque
temps, un débat assez comparable avec Peter Handke. Certains
plaidaient pour la séparation d’entre l’écrivain
et ses positions politiques tandis que d’autres, dont nous étions,
préféraient considérer l’homme entier car
c’est de l’homme entier que se déduit ordinairement
l’homme intègre. Aujourd’hui, il semble bien que
nous soyons rendus à une sorte de schizophrénie publiquement
recevable et communément admise : les mots et les actes sont
tellement distendus qu’il faudrait être, pour sauter le
fossé qui les sépare, rien moins que Pégase ou
alors peut-être aussi sa version mosane, le cheval Bayard des
quatre fils Aymon. On l’a dit: nous n’avons plus, pour cet
exercice, ni le goût nécessaire ni l’élan
suffisant. La chose publique, nous continuons, en effet, de vouloir
la passer à gué ou la traverser là où nous
savons plus ou moins avoir pied. La mesure, finalement, nous va assez
bien. Ce ne semble pas être le cas du bourgmestre de Charleroi,
Jacques Van Gompel, entendu ce matin à la radio. Il dit des choses
presque exactes, ment par suggestion et pratique une langue de bois
locale. Il ne parle pas aux auditeurs : il s’adresse uniquement
aux socialistes et dans les socialistes, il choisit les Carolos et dans
les Carolos, les encartés. Il est dans un entre nous de proximité,
bonhommement familier, juste condescendant: à Charleroi on dirait
qu’il est “amitieux”. On s’imagine, en l’entendant,
en train de faire la file devant sa permanence sociale : on en repartirait
avec une tape sur l’épaule, une lettre dans la main et
dans l’enveloppe une recommandation. Ces notables qui ont compris
que le chas de l’aiguille se plierait toujours à leur stature,
les Roumains les appellent des “nuques épaisses”.
Je trouve Charleroi très roumaine, ces temps-ci. Allons, brisons-là,
non sans transmettre à Jean-Claude Van Cauwenberghe, à
Jean-Pierre De Clerck et à Jacques Van Gompel l’assurance
de nos sentiments distingués.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 3959 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.
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