lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 







# Le lundi 29 mai, le bureau du PS devait statuer sur les sanctions à prendre après les diverses malversations et inculpations de Charleroi. Les mesures les plus significatives furent de demander la démission de l’échevin Cariat (aujourd’hui emprisonné), de prendre acte de la décision de JP De Clerck de ne pas se représenter aux prochaines élections (sans obtenir son départ immédiat) et d’assurer le bourgmestre Van Gompel d’un soutien unanime.

Nous avons connu, il y a quelque temps, un débat assez comparable avec Peter Handke. Certains plaidaient pour la séparation d’entre l’écrivain et ses positions politiques tandis que d’autres, dont nous étions, préféraient considérer l’homme entier car c’est de l’homme entier que se déduit ordinairement l’homme intègre. Aujourd’hui, il semble bien que nous soyons rendus à une sorte de schizophrénie publiquement recevable et communément admise : les mots et les actes sont tellement distendus qu’il faudrait être, pour sauter le fossé qui les sépare, rien moins que Pégase ou alors peut-être aussi sa version mosane, le cheval Bayard des quatre fils Aymon. On l’a dit: nous n’avons plus, pour cet exercice, ni le goût nécessaire ni l’élan suffisant. La chose publique, nous continuons, en effet, de vouloir la passer à gué ou la traverser là où nous savons plus ou moins avoir pied. La mesure, finalement, nous va assez bien. Ce ne semble pas être le cas du bourgmestre de Charleroi, Jacques Van Gompel, entendu ce matin à la radio. Il dit des choses presque exactes, ment par suggestion et pratique une langue de bois locale. Il ne parle pas aux auditeurs : il s’adresse uniquement aux socialistes et dans les socialistes, il choisit les Carolos et dans les Carolos, les encartés. Il est dans un entre nous de proximité, bonhommement familier, juste condescendant: à Charleroi on dirait qu’il est “amitieux”. On s’imagine, en l’entendant, en train de faire la file devant sa permanence sociale : on en repartirait avec une tape sur l’épaule, une lettre dans la main et dans l’enveloppe une recommandation. Ces notables qui ont compris que le chas de l’aiguille se plierait toujours à leur stature, les Roumains les appellent des “nuques épaisses”. Je trouve Charleroi très roumaine, ces temps-ci. Allons, brisons-là, non sans transmettre à Jean-Claude Van Cauwenberghe, à Jean-Pierre De Clerck et à Jacques Van Gompel l’assurance de nos sentiments distingués.

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 3959 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.