lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 26 mai 2006.
Comment s’appelle-t-elle encore, cette jeune Malienne tuée sur le pavé d’Anvers il y a quinze jours ? Oulemata Niangadou. Oulemata Niangadou est un nom compliqué à dire et difficile à retenir. Dans le meurtre de Joe, nous retenons le nom de la victime. Dans le meurtre de Oulemata, nous avons retenu celui de l’assassin. Et même de cette petite Luna, cet enfant flamande au prénom qui vient des Italies, nous nous souvenons mieux du visage et du sourire. Des noms s’oublient comme ça et j’imagine que l’on s’en rappellera cet après–midi à Anvers, même si personne ne les scandera parce que cette manifestation, une nouvelle fois, sera silencieuse. Faisons alors en sorte qu’elle ne soit pas muette. Car oui, pourquoi a-t-il fallu que la mort de Oulemata vienne nous rappeler à deux exigences de notre temps : la question de l’extrême droite et de ses idées mortelles bien sûr et puis aussi celle de l’immigration dont on discute partout ces jours-ci. Je me demande d’ailleurs si le convoi officiel de Nicolas Sarkozy, lors de sa visite au Mali, a croisé le cortège funéraire de Oulemata Niangadou. Le ministre de l’Intérieur français venait défendre, à Bamako, sa politique d’immigration choisie alors qu’un avion venant de Bruxelles atterrissait sur le tarmac. (...)