# Ce mardi 23 mai
2006, les résultats définitifs du référendum
sont avalisés. Pour un taux de participation de 86,3 %, le “oui”
l’a emporté par 55, 5%. Rappelons que l’Union européenne
avait fixé à 50% le chiffre nécessaire pour valider
le scrutin et à 55% le score à atteindre pour les remporter.
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Maintenant, l’indépendance
du Monténégro est un fait démocratique. C’est
vrai, c’est indéniable. Mais là encore, nous voyons
bien que le vieux principe wilsonien du “droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes” expose une nouvelle fois de
lui-même ses cruelles carences. C’est sans doute ce que
voulait dire le Premier ministre Djukanovic, dimanche soir, quand il
félicitait la Serbie de son indépendance retrouvée.
Cette ironie voulait juste signaler que par la décision d’un
seul peuple, il n’y a pas aujourd’hui un nouveau pays en
Europe, mais deux. Dont l’un, à ce qu’on a vu, n’a
pas eu l’occasion d’exercer ce fameux “droit des peuples”.
Mais de façon plus générale, nous nous demandions
hier ce que pouvaient bien encore signifier les volontés essentialistes
et identitaires des pays ou des régions qui entendent recouvrer
leur “génie national” en se séparant de leur
voisin quand le brassage des populations et les flux migratoires les
ont rendus plus divers que jamais. Ce matin encore, un type, économiste,
à la radio défendait que deux entités nées
de la Belgique seraient économiquement plus viables que le pays
lui-même et que la sagesse était dans la séparation.
Redisons donc ici que ce mouvement centrifuge ethno-nationalo-financier
que nous voyons venir contrevient à notre idée de la solidarité,
du contrat social et du conflit démocratique. Et nous ne ferons
pas comme les éditorialistes d’hier soir et de ce matin
entrevoyant déjà pour le Monténégro un avenir
européen serein. Car l’Europe, elle est fatiguée.
Elle n’élargit plus, l’Europe. Le report récent
de la décision concernant la Roumanie et la Bulgarie signale
aux autres impétrants que, désormais, l’entrée
sera plus chère, plus longue et plus dure. Car, peut-être
bien que l’Europe, elle en a marre aussi de voir sans cesse s’allonger
la liste de ses membres sans voir jamais grandir son territoire. Et
peut-être bien que moi-même je n’ai pas trop envie
qu’un vingt-huitième type vienne défendre au budget
européen l’intérêt national et supérieur
de son petit pays, tout nouveau et tout égoïste..
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 3952 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.
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