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En ce jour du mardi 23
mai 2006. Ah, l’on s’est fait un peu allumer, hier,
avec notre billet monténégrin. Non pas tant pour ce que
l’on y disait que pour ce que l’on n’y précisait
pas. Il eût été utile, donc, de signaler qu’il
n’est pas chose courante dans les Balkans qu’un pays obtienne
son indépendance sans épuration ethnique, sans envahissement,
sans déportations, sans découpages, sans partitions :
sans que quiconque ne verse le sang, ni le sien, ni celui du voisin
(c’est vrai, ou presque vrai, la Macédoine a troqué
sa séparation de la fédération yougoslave contre
une appelation toujours très contrôlée : on dit
toujours aujourd’hui FYROM — Former Yugoslav Republic Of
Macedonia, Ancienne République Yougoslave de Macédoine
— de sorte que ce pays, le seul en Europe dont le nom s’écrive
aujourd’hui en lettres capitales, est quasiment sorti indemne
des conflits balkaniques si l’on excepte le début de guerre
civile de 2001). Mais ce que nous entendions dire, bien sûr, c’est
qu’une telle aventure n’aurait pas été possible
du temps de Milosevic dont le Monténégro a été,
jusqu’à la guerre du Kosovo, un très fidèle
et zélé allié : il est bon de le rappeler aussi
parfois à Milo Djukanovic qui est tout de même né
dans un tiroir de Belgrade. Ce que nous voulions dire surtout, c’est
que l’indépendance monténégrine se produit
à un moment historique où il n’y a plus grand chose
à tirer d’une alliance avec la Serbie, plutôt handicapante
et contre-productive, et oui, nous répétons que le gouvernement
de Podgorica a toujours très bien su ce qu’était
un marron et ce qu’était un feu. (...)
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