lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 



# Depuis le scandale de la “Carolo”, société de gestion des immeubles sociaux, il y a quelques mois, la Ville de Charleroi découvre tous les jours de nouvelles malversations dans sa gestion publique. Hier, Lucien Cariat, président de l’ICDI, était arrêté au terme d’un long interrogatoire sur les pratiques en cours dans son Intercommunale tandis que Robert Wagner, proche de Jean-Claude van Cauwenberghe, homme fort du parti, était mis en cause pour malversation dans l’utilisation de subventions européennes et que le député permanent Jean-Pierre De Clerck se voyait inculpé pour détournement de fonds.



La main à la forge, on la découpe en coupons entre Mittal et Guy Dollé. Le souffle court et sifflant de l’homme sorti de la mine ou de l’usine, on l’échange contre un petit arrangement ici, une mesquinerie là, un petit tas d’argent aussi car entre mandants et mendiants on ne fait ici aucune différence et l’on se paie sur ces bêtes d’acier qui font encore de la fumée, on dirait des dieux asthmatiques qui renâclent et rechignent, on a mis le travail des autres en coupe réglée et nous, les gens au front baissé, on demande mais qu’avez-vous fait de nos coopératives, de nos mutuelles et de nos biens communs, mais les réponses aussi se dispersent et se vendent à l’encan. Nous voyons bien que l’on nous a volé nos rêves et nos grèves. On nous dit que le Parti tiendra. Mais nous autres qui sommes des rues huileuses et des collines de houille, n’avons jamais cru un instant que le Parti socialiste, à Charleroi, fut jamais socialiste. Il n’est pas une figure, là, dans laquelle on se reconnaisse, pas l’un par qui l’on eût envie de se faire payer un verre, la mousse de la bière eût déjà été de la prévarication. Nous voyons ainsi notre pays tomber. Le vent qui souffle aujourd’hui a changé le printemps. C’est un temps que le gens de Charleroi aiment bien. Quand il vente, les fumées vont où elles veulent. Elles ne vous retombent pas sur la tête. Vous pouvez lever le front et regarder votre ville de plus haut. Ce que vous voyez ? Vous voyez votre grand-père. Et vous voudriez avoir ses mains de lamineur.

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 3948 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.