# Depuis le scandale
de la “Carolo”, société de gestion des immeubles
sociaux, il y a quelques mois, la Ville de Charleroi découvre
tous les jours de nouvelles malversations dans sa gestion publique.
Hier, Lucien Cariat, président de l’ICDI, était
arrêté au terme d’un long interrogatoire sur les
pratiques en cours dans son Intercommunale tandis que Robert Wagner,
proche de Jean-Claude van Cauwenberghe, homme fort du parti, était
mis en cause pour malversation dans l’utilisation de subventions
européennes et que le député permanent Jean-Pierre
De Clerck se voyait inculpé pour détournement de fonds.
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La main à la forge, on la découpe en coupons entre Mittal
et Guy Dollé. Le souffle court et sifflant de l’homme sorti
de la mine ou de l’usine, on l’échange contre un
petit arrangement ici, une mesquinerie là, un petit tas d’argent
aussi car entre mandants et mendiants on ne fait ici aucune différence
et l’on se paie sur ces bêtes d’acier qui font encore
de la fumée, on dirait des dieux asthmatiques qui renâclent
et rechignent, on a mis le travail des autres en coupe réglée
et nous, les gens au front baissé, on demande mais qu’avez-vous
fait de nos coopératives, de nos mutuelles et de nos biens communs,
mais les réponses aussi se dispersent et se vendent à
l’encan. Nous voyons bien que l’on nous a volé nos
rêves et nos grèves. On nous dit que le Parti tiendra.
Mais nous autres qui sommes des rues huileuses et des collines de houille,
n’avons jamais cru un instant que le Parti socialiste, à
Charleroi, fut jamais socialiste. Il n’est pas une figure, là,
dans laquelle on se reconnaisse, pas l’un par qui l’on eût
envie de se faire payer un verre, la mousse de la bière eût
déjà été de la prévarication. Nous
voyons ainsi notre pays tomber. Le vent qui souffle aujourd’hui
a changé le printemps. C’est un temps que le gens de Charleroi
aiment bien. Quand il vente, les fumées vont où elles
veulent. Elles ne vous retombent pas sur la tête. Vous pouvez
lever le front et regarder votre ville de plus haut. Ce que vous voyez
? Vous voyez votre grand-père. Et vous voudriez avoir ses mains
de lamineur.
NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY,
il y a aujourd’hui 3948 jours que Ratko Mladic
est libre et vivant.
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