lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 19 mai 2006.
Nous qui sommes de Charleroi avons le front bas ces temps-ci, mais en vérité nous marchons courbé depuis toujours et des rues nous ne regardons que les pavés. Voilà le sort d’une ville ouvrière — les mines et les aciéries ont un temps assiégé la cité, il reste encore, ici et là, de quoi faire encore de la fumée, mais dans ces fumées, nous ne reconnaissons même plus le feu. Ces fumées aujourd’hui, elles appartiennent au capital d’Arcelor et se dispersent dans les actions que l’on commençait hier à échanger, à vendre ou retenir. Ces fumées, elles viennent aussi avec les incinérateurs de l’ICDI — Intercommunale pour la Collecte et la Destruction des Immondices dont le président socialiste, Lucien Cariat, dort aujourd’hui en prison, comme avant lui un autre président socialiste, celui des immeubles sociaux, Claude Despiegeleer et comme avant lui un autre président socialiste, celui de l’Institut des Oeuvres Sociales, Richard Carlier — et nous ne savons quoi faire entre ces batailles du grand capital et ces pillages sociaux, parce que ce que l’on a envie de dire à notre ville, c’est qu’elle a vendu à tout le monde les mains de ses gens et qu’elle ne sait plus quoi faire avec le travail, ce qu’il y a dedans, ce qu’il y a après.(...)