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En ce jour du mercredi
17 mai 2006. C’est aujourd’hui la journée
de lutte contre l’homophobie et, lorsque nous l’avions appris,
nous avions lu “homophonie” et nous trouvions à la
fois touchant et étrange que des gens engagent des croisades
contre des mots dont le seul tort est de prêter aisément
leur assonance à l’allitération et, à vrai
dire, nous ne comprenions pas trop pourquoi on voulait s’en prendre
à tout ce qui était mer ou à tout ce qui était
ver, nous trouvions cela à vrai dire assez sot, et nous étions
déjà prêt à réciter le “Notre
Paire” avec Robert Desnos — Donnez nous, aux joues réduites,
notre pain quotidien. Part, donnez-nous, de nos œufs foncés
comme nous part donnons à ceux qui nous ont offensés —,
mais non, vérification faite, cette lecture était
affaire de strabisme, nous avions déchiffré de travers
et voilà, nous avions confondu le poétique et le sociologique,
c’est ce qui arrive aux gens pas trop regardants. Voici donc une
nouvelle journée mondialisée, elle est réservée
H 24 au respect de la différence et nous sommes appelés
par des slogans — “Sale hétéro” clament
les affichettes — à cesser toute forme de discrimination
et de stigmatisation, on ne compte plus aujourd’hui les gens qui
partent en guerre contre les discriminations et contre les stigmatisations,
chacun est le discriminé et le stigmatisé de l’autre,
mais qui est l’autre alors sinon un autre discriminé et
un autre stigmatisé, les affinités sont électives
et les indignations sélectives et on se demande avec tout cela
comment on parvient encore à “faire société”.
(...)
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