lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 

:


En ce jour du jeudi 11 mai 2006
. Evidemment que le croisement, dans l’actualité, de la commémoration de la traite esclavagiste, de la discussion de la loi française sur le génocide arménien et des sorties — définitivement inacceptables — de Peter Handke, renvoie à la question, rebattue, ces temps-ci, de ce qui est l’histoire et de ce qui fait mémoire. On sait bien que les historiens — rassemblés dans le mouvement “Liberté pour l’Histoire” — ont plaidé pour que la loi ne dicte pas son sens à l’histoire et que l’on laisse cela à la révision qui est, à vrai dire, le premier de leurs métiers. Car l’historien est un réviseur d’entreprises humaines, on ne le sait que trop peu. Ce débat avait récemment rebondi avec la loi républicaine sur les aspects positifs du colonialisme et l’on pouvait s’étonner — et s’inquiéter aussi — de la vision schizophrène qu’un pays — qui entendait, d’un côté, saluer la mémoire de ses esclaves et célébrer, d’un autre côté, la grande œuvre de ses colons — proposait ainsi à ses citoyens, les précipitant ainsi dans une crise identitaire supplémentaire parce que, tout de même, entre exploiteurs et bienfaiteurs, il y a de la marge et comment éviter, après cela, que les livres d’histoire deviennent des sortes de divans sur lesquels nous viendrions appuyer nos désordres… Cette dualité, tout de même, reste intéressante. (...)