lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 

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En ce jour du mardi 9 mai 2006. Les fonctionnaires de la Commission européenne ayant fêté le 9 mai ce week-end, cela permettra aux édiles de Saint-Gilles de célébrer le 8 mai aujourd’hui. Ces dates qui glissent sont comme les mots qui trahissent ce qu’ils entendent nommer : elles piègent les rendez-vous que nous prenons avec ce qui nous environne et dégradent la juste ordonnance de la règle commune. Ces dates glissantes et ces mots contrefaits ne sont pas grand-chose d‘autre que le baromètre d’une certaine sorte de désinvolture et figurent assez bien la jauge de l’estompement des normes —toutes choses assez ennuyeuses pour qui a le goût de la ponctualité et de la précision, nous voulons dire : pour qui salue encore son voisin dans la rue, qui sait qu’arriver en retard à la gare lui fera probablement rater son train et qui tente de conclure, avec l’orthographe, un pacte de non agression. Mais enfin, en ce jour où l’Europe est en fête, nous aurons tout de même droit, comme 26 autres capitales européennes — Bucarest et Sofia étant déjà intégrées pour l’occasion — à aller au café écouter des artistes et manger des gâteaux. La Présidence autrichienne a mis cela sur pied : une journée “Café d’Europe” où chacun pourra se mettre à table en dégustant ses spécialités sucrées aux noms bizarres en écoutant un écrivain local lire une des “Histoires d’Europe” que l’on retrouvera plus tard dans un livre collectif avant de débattre, si affinités, de l’avenir européen, des plombiers polonais, du néerlandais Bolkestein, du non français et de l‘introuvable Constitution. (...)