lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 















# Le dimanche 7 mai, le Premier ministre, Guy Verhofstadt, inaugurait le musée rénové du pavillon belge du camp de Auschwitz-Birkenau.

# Voir l’interview de Olivier Py dans Libération du 8 mai sur “l’affaire Handke”
Walter Sucher, député autrichien du FPÖ, ne partage pas ce souci de la discrétion, lui qui, terminant son intervention au congrès du parti, leva un bras bien droit et une main bien ouverte qu’il accompagna d’un “heil “ bien sonore, mais il ne faut pas y voir malice, dit son président, cette façon de saluer son public est coutumière chez les Tyroliens, on ne fait là que revenir aux sources, de la même façon que nous savons tous que la svastika n’est jamais qu’un bon vieux symbole religieux indo-européen qui ne signifie rien d’autre que “bonne chance”, “bonne santé” ou “bonne fortune” : il n’y a pas là de quoi prendre la mouche et, de toute façon, comme dirait Peter Handke, nous sommes ceux qui ne savons pas et nos questions ne supposent pas de réponse car ce qui est désormais important dans une question, ce n’est pas la réponse que l’on obtient mais la liberté que l’on a de la poser. Ainsi du discours de Handke, à Pozarevac, lors de l’enterrement de Slobodan Milosevic, que l’on vous livre intégralement : "J'aurais souhaité ne pas être seul ici comme écrivain, mais à côté d'un autre écrivain, Harold Pinter. Lui, il aurait employé des mots forts. Moi, j'emploie des mots faibles. Mais le faible doit avoir sa place aujourd'hui. C'est un jour pas seulement pour des mots forts, mais aussi pour des mots faibles. Le monde, le soi-disant monde sait tout sur la Yougoslavie, la Serbie. Le monde, le soi-disant monde, sait tout sur Slobodan Milosevic. Le soi-disant monde connaît la vérité. C'est pour ça que le soi-disant monde est absent aujourd'hui, et pas seulement aujourd'hui, et pas seulement ici. Le soi-disant monde n'est pas le monde. Moi, je ne connais pas la vérité. Mais je regarde. J'écoute. Je ressens. Je me souviens. Je questionne. C'est pour ça que je suis aujourd'hui présent, près de la Yougoslavie, près de la Serbie, près de Slobodan Milosevic." C’est précisément parce que, durant ces guerres que nous avons nous aussi arpentées, l’on a regardé, écouté, ressenti et que l’on se souvient que l’on signera demain la pétition d’Olivier Py en soutien à Marcel Bozonnet. En souvenir des guerres qui n'ont pas encore d'anniversaires.

NB. Depuis la publication de son mandat d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 3939 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.