| |
||||
|
: |
|
En ce jour du mercredi
3 mai 2006. Il n’y a même plus à parier
que cette vieille question de la censure va revenir, avec la mise au
ban par la Comédie-Française du “Voyage au pays
sonore ou l’art de la question” de Peter Handke : les blogs,
aujourd’hui, s’emparent de la question et nous ne voudrions
pas être, ici, dans la peau de Marcel Bozonnet, l’administrateur
délégué de la vieille maison de Molière
et Louis XIV qui a pris la décision, récemment, de déprogrammer
la pièce. C’est qu’il avait lu, comme nous, en avril
dernier, l’écho publié sur le journal en ligne du
Nouvel Observateur — et jamais publiée ailleurs dans la
presse francophone, mais n’y voyez pas un problème de sources,
pointez plutôt le syndrome d’un énorme désintérêt
hexagonal : la presse germanophone avait, quant à elle, publié
le discours prononcé par l’écrivain à Pozarevac
— et, comme nous sans doute, il avait été une nouvelle
fois consterné par la fidélité postmortem de cet
homme qui, pour n’avoir pas commandé de pizza à
Pristina, ne s’était privé nulle part de slivovitz.
Depuis, c’est un déferlement : de la pétition d’auteurs
parmi lesquels le récent Prix Nobel Elfriede Jelinek qui se déclare
“horrifiée” — et l’on notera, ici, en
passant, l’inflation de Prix Nobel de Littérature, comment
dire, assez Serbes, car après Jelinek vint Harold Pinter et l’on
espère encore beaucoup du Prix 2006 — aux commentateurs
de blogs, il en est peu pour sauver l’âme de l’administrateur.
Allez simplement visiter le blog de Pierre Assouline, vous vous en ferez
une idée assez précise. (...)
|
||