lautresite, les billets quotidiens du mois de mai 2006
   


 
 






# Lors des célébrations du premier en Belgique, l’accent a été mis, partout, sur les options sécuritaires développées à la suite du meurtre du jeune scout Joe Van Holsbeeck.

# L’émission de radio “ Quand les jeunes s’en mêlent” — RTBF, La première, le samedi de 15 à 17 heures — consacrera, le 6 mais prochain, un colloque aux résultats de son enquête.

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Mais bon, comme son gouvernement a décidé qu’on ne pourra bientôt plus fumer dans les cafés, on ne voit pas très bien ce qui pourrait désormais empêcher les écrans lisses. Je ne sais pas si l’on peut marier sans détour l’abolition des rêves et la prévention du risque, mais la question de la prophylaxie — une société saine dans toutes ses composantes et sous toutes ses coutures — semble ici centrale : ce que nous autorisons comme déviance nous définit, finalement. Et ce que l’on ne voit pas clairement aujourd’hui, c’est s’il sera encore permis, demain, d’être adolescent… D’une récente enquête radiophonique, il se dégage que les jeunes ont le sentiment de ne servir à rien, de n’être pas entendus, de n’être pas attendus : ils ne font partie de la bonne santé ni de l’économie, ni du politique, ni du social. Comme le dit un autre impétrant: “Pour l’instant, je ne suis rien, simplement quelqu’un à qui il faut payer des études”. Aussi bien, la question de la sécurité a-t-elle fait place, en ce week-end prolongé, à une très réelle inquiétude, de cette sorte d’inquiétude qui obère l’avenir et permet toutes les lâchetés — la lâcheté suprême consistant à n’exposer publiquement qu’une partie de la question, à préférer la sécurité à la précarité, en quelque sorte. Car on aura compris que l’enquête de l’émission “ Quand les jeunes s’en mêlent” pose plus de problèmes encore que le meurtre de Joe. Elle dit notamment, comme le faisait cette bonne vieille blague, qu’il ne sert à rien, finalement, de mourir en bonne santé. Faites-nous des rames de métro plus sûres, disent les jeunes. Mais arrangez-vous aussi pour qu’elles nous mènent quelque part. Tant il est vrai que la caméra de surveillance n’aide pas au choix du voyage.

Nb. Depuis la publication de son mandant d’arrêt par le TPIY, il y a aujourd’hui 3933 jours que Ratko Mladic est libre et vivant.