Lautresite, le jour, les billets d'avril 2006
   


 
 

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En ce jour du mardi 2 mai 2006.
On a laissé passer le week-end et le premier de mai sur des questions sécuritaires. C’est comme ça, ces temps-ci, au point que les jeunes gens se mettent à avoir des doutes et précisent à la radio “qu’ils n’ont pas voulu cela” — cet arsenal renforcé dont nous parlions la semaine dernière et dont ils sentent confusément qu’il pourrait bien, un jour, se retourner contre eux. Dans cette marche d’avril, les Belges n’ont voulu voir que les culottes courtes des scouts et ont feint de ne reconnaître leur jeunesse que dans ses fanions et ses foulards : cette image–là contredit sans doute les piercings et les tatouages même si elle s’autorise les MP3, mais elle ramène surtout à l’époque du plein-emploi pendant laquelle chantait Hugues Aufray, on est dans un temps d’avant même 68, on n’est pas très loin, là, d’un rêve édénique, de ce que l’on appelait “la Belgique de papa”qui sentait son Jacques Brel, où l’État était providence et où Gagarine ne trouvait pas Dieu dans les étoiles. Un jeune, aujourd’hui, interrogé dans une émission de radio dit : “Depuis que je suis tout petit, je rêve de pouvoir aller dans l’espace. J’ai décidé d’oublier ce rêve”. Et la ministre de la Justice qui vient de lancer cette panoplie sécuritaire printanière avertit drôlement : “Je ne veux pas d’une société où les cafés enfumés du passé laissent la place à des écrans lisses, instrument unique de dialogue des générations futures”. (...)