# Le 25 avril dernier,
le lâchage de l’ourse slovène Palouma, prévu
sur le territoire de la commune pyrénéenne de Arbas a
dû être reporté en raison de manifestations hostiles.
La remise en liberté a eu lieu plus tard, dans une autre commune,
en toute discrétion.
# Le 2 mai prochain, l’Assemblée nationale française
débattra du projet d’immigration choisie de Nicolas Sarkozy.
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Jean Lassalle, autre élu
du cru — qui fit, voilà quelques semaines et pendant quelques
semaines, une grève de la faim visant à empêcher
la délocalisation d’une usine japonaise à 60 kilomètres
de sa circonscription — et farouche opposant aux ours slovènes
précisait récemment : "L'ours doit être
le bienvenu. Il était important que ceux qui, sur le terrain,
auront à assumer sa présence puissent y consentir par
eux-mêmes". François Fillon ne disait pas vraiment
autre chose hier à la télévision quand il suggérait
que le manque récurrent de logements décents sur le territoire
français ne permettait pas d’accueillir dans des conditions
correctes de nouveaux immigrés et que, dans ces conditions, il
valait mieux, fût-ce la mort dans l’âme, y renoncer.
De fait, l’endroit où, tout à côté
de chez nous, des Algériens et des Mauritaniens ont entamé
hier une grève de la soif (entamer une grève de la soif
: on sent bien que, dès le départ, la phrase est bancale
et l’affaire mal partie) n’est pas un lieu décent.
C’est l’ancien bureau d’une association, prévu
pour le travail mais impropre à la vie, plus encore à
la mort. Cela fait une vingtaine de jours aujourd’hui que ces
personnes, qui appartiennent, pour leur part, à l’immigration
subie ne s’alimentent plus. Ils font partie de ces sans papiers
qui occupent à ce jour 19 lieux de culte et de culture dans le
pays. S’ils ont décidé de durcir le mouvement, disent-ils,
c’est qu’ils n’ont reçu que fort peu de réactions
et que leur action n’a pas rencontré d’écho.
On a l’impression, avec eux, d’un agenda a contrario
: depuis quinze jours, le meurtre de Joe Van Holsbeeck a fermé
au public les portes de ces églises, mosquées ou associations.
L’identité du meurtrier et du complice présumés
— des illégaux, comme eux — va leur compliquer encore
la tâche. C’est sans doute parce qu’ils l’ont
compris qu’ils en viennent aujourd’hui à menacer
leur vie même. Ils savent désormais que, dans ce pays,
les choses ne s’ouvrent qu’avec la mort. Ils s’apprêtent
à devenir les Joe de la clandestinité. Et, comme à
la Gare centrale, tout les monde les voit, mais personne ne les regarde.
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