lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 28 avril 2006
. Doit-on considérer, me demande Eric, l’arrivée tonitruante de l’ourse slovène Palouma dans les Pyrénées françaises comme le premier exemple de cette immigration choisie dont Nicolas Sarkozy va déposer bientôt le dossier sur les tables parlementaires françaises ? Si on y regarde bien, en effet, voici donc une ourse poursuivant placidement son travail d’ourse dans une région d’ours. La région, cependant, est surpeuplée. Au cours des années 90, les guerres de Bosnie et de Croatie ont en effet déplacé, dans les Alpes juliennes, des populations entières de plantigrades : leur nombre a doublé, presque 700 aujourd’hui, et le territoire des autochtones, des gens comme Palouma, se restreint. La France quand à elle éprouve pour les ours des besoins touristiques. L’introduction dans les Pyrénées d’ours étrangers et bruns (quoique de souche ADN voisine) entend autant pallier un manque de compétences locales que répondre à un affadissement démographique régionalement désastreux. Évidemment, cela ne va pas sans mal. C’est peu dire que l’arrivée de ces ursidés allochtones suscite méfiance et rejet. Lors de la récente arrivée de Palouma, certains, chez les bergers, avaient sorti le fusil car, comme le dit le député ariégeois Augustin Bonrepaux : “En l'état actuel, la cohabitation entre l'ours et le pastoralisme pyrénéen est impossible." (...)