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En ce jour du jeudi 27
avril 2006. La rencontre fortuite, dans le hall d’une
gare centrale, d’un jeune scout muni d’un MP3 et d’un
jeune illégal renforcé d’un couteau a produit en
quelques jours tellement de ressorts complexes que l’on peut bien
encore lui consacrer une chronique. Les gouvernements de Belgique —État,
Régions, Communautés confondues— ont dressé
hier une sorte de catalogue empressé de mesures “favorisant
une meilleure sécurité” qui, additionnées
aux récentes avancées policières dans l’enquête
criminelle, donnent l’impression que la plainte et l’angoisse
d’une société — qui délégua
dimanche dernier 80.000 des siens dans les rues de Bruxelles —
ont été promptement entendues et que l’on comble
ici un fossé resté largement ouvert depuis l’affaire
Dutroux, ses dysfonctionnements et ses estompements de la norme. Quinze
jours après le meurtre de Joe Van Holsbeeck, l’État
annonce donc fièrement qu’il fonctionne. Il faut sans doute
applaudir à cette sorte de (belge) nouveauté. La batterie
de mesures sécuritaires, à laquelle s’ajoute une
palette préventive, était à vrai dire en négociation
depuis plusieurs mois mais son amplitude surprend tout de même
un peu : on voit ainsi venir un “stage parental” pour les
familles défaillantes, une pénalisation des tags et graffitis,
un traitement judiciaire des plaintes pour racket, la création
d’un nouveau centre fermé de 200 places, l’augmentation
du nombre de policiers dans les rues, le recrutement de nouveaux “stewards
de rue”, etc… (...)
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