# Lundi 24 avril,
la police annonçait l’arrestation du complice du meurtier
présumé de Joe Van Holsbeek, un jeune Polonais de seize
ans et demi en situation irrégulière en Belgique et scolarisé
à Anderlecht. Son compagnon —qui ne serait que de passage
en Belgique — est en fuite. On le suppose retourné en Pologne.
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On dira alors que le racisme va
simplement se déplacer un peu et si l’on imagine que l’on
respire mieux aujourd’hui à Schaerbeek ou à Molenbeek,
dans ces quartiers victimes d’une confusion elle aussi assez criminelle,
il faudra bien que l’on s’explique rapidement ce fourvoiement
car enfin, entre le “beau type caucasien” et le “beau
type arabe” — tels qu’on les annotait naguère
dans les atlas et les encyclopédies — il ne peut y avoir
photo pour qui vit dans une ville multiculturelle et entend tous les
jours toutes les langues de la planète. À l’agenda
du politique, il faudra donc ajouter une nécessaire réconciliation
avec une communauté stigmatisée et bien vite
déclarée coupable dans les bistrots (et dans la presse
flamande, par ailleurs) ainsi qu’on le disait hier. On imagine
cependant qu’on n’aura pas là d’excuses à
présenter et l’on loue une fois encore la grande intelligence
des parents van Holsbeek qui n’ont, dans leur malheur, voulu flêtrir
personne. Mais en vérité, parce que nous sortons d’une
discussion avec Michel Gheude, acceptons donc cette idée que
nous avons créé un vrai lumpen prolétariat et que
la nationalité et l’origine des personnes devraient fort
peu importer : les classes sociales signalent ici leur retour tonitruant,
c’est à la fois une fort bonne et une fort mauvaise nouvelle.
Même s’il est déjà certain que l’essence
doublement étrangère du meurtrier (nons seulement Polonais
mais Polonais de l’extérieur ; rappelons-nous cependant
que l’immigration polonaise est l’une des plus anciennes
et l’une des moins visibles qu’ait connue la Belgique) permettra
de considérer, à peu de frais, que tout cela, finalement
est très sain : personne de chez nous n’aura donc fauté,
la police a montré son efficacité, les parents leur dignité,
les gens leur solidarité, les immigrés leur virginité,
le gouvernement sa discrétion. Avec cela, il est toujours possible
de faire un pays. Il n’est pas certain cependant qu’avec
cette intrusion du lumpen cela convainque totalement que l’on
puisse, ainsi qu’on le lit aujourd’hui aux manchettes des
journaux, vivre ensemble. Nous pensions n’avoir qu’un
problème. Et, tout à coup, ils sont plusieurs.
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