lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 







# Le dimanche 23 avril 2006, à Bruxelles, environ 80.000 personnes ont défilé en silence et sans revendications en mémoire du jeune Joe van Holsbeek assassiné le 13 mars dernier par un agresseur désirant lui voler son lecteur MP3. Ce fait divers est très rapidement devenu, en Belgique, l’enjeu d’un débat national.


# Lire la chronique de Hugues le Paige (RTBF, Matin première, 20 avril)
Bizarrement, ces maux-là aussi ont accompagné les manifestations du CPE. Si les mots sont les mêmes et que les situations ne sont pas identiques — on dira, d’un côté le social, de l’autre le sociétal, mais on voit bien tout de même le lien — on pourrait dire cependant qu’elles ont ouvert la même génération au même moment aux questions politiques, même s’il nous reste à évaluer si l’on pourra problématiser et dialectiser tout cela {comme l’on disait dans des temps où tout était politique, même ce qui ne l’était pas} ou s’il ne s’agira là que de moments ponctuels liés à des circonstances particulières. S’agissant donc de politique, cette demande de sécurité — par quelque bout qu’on la prenne — ne laisse pas d’interroger. Ce professeur turc, le mois dernier à Paris, s’inquiétait de ce qu’il aurait à raconter à son retour à ses étudiants d’Ankara à propos de ces manifestations du CPE : “Je vais devoir leur dire que les slogans que j’ai entendus étaient Sécurité ! Sécurité ! Sécurité !, ce n’est pas du tout ce à quoi ils s’attendent”. La sécurité est l’un des premiers métiers de la démocratie. Premier dans l’histoire, déjà. Les villes se sont fondées notamment autour de cette idée, les milices et les polices l’ont formalisée. On le sait, il peut exister de la sécurité sans démocratie, demandez-le à n’importe quel Coréen du Nord. Mais s’il n’existe pas de démocratie sans sécurité, on ne voit pas non plus qu’elle soit inscrite sur le fronton des mairies et qu’on ait à s’en saisir comme d’une valeur. C’est pourquoi l’on s’étonne que cette vieille revendication apparaisse aujourd’hui nouvelle et, en quelque mesure, libertaire. (à suivre demain)