# Le mardi 18 avril,
le docteur Daniel Féret, président à vie du Front
national belge, était condamné par la Cour d’appel
de Bruxelles à dix ans d’inéligibilité et
à 250 heures de travail d’intérêt général
(commuable en peine de prison en cas de refus) dans le secteur de l’intégration
de personnes d’origine étrangère. Il était
poursuivi pour publication de textes et de dessins à caractère
raciste et xénophobe.
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La Justice, de temps en temps,
a la politesse du désespoir. Bien entendu, Daniel Féret
s’apprête à aller en cassation. Son affaire, triste
affaire, très banale affaire aussi s’agissant d’un
Front national où l’on signe parfois ses documents “Tonton
Adolf”, est celle d’une infraction à la loi réprimant
le racisme et la xénophobie en ayant incité à
la discrimination, à la ségrégation, à la
haine ou à la violence à l'égard d'un groupe, d'une
communauté ou de leurs membres, en raison de la race, de la couleur,
de l'ascendance ou de l'origine nationale ou ethnique de ceux-ci ou
de certains d'entre eux. On n’a jamais bien compris d’où
le docteur Féret pouvait bien tirer son emprise —il tient
son parti de façon très mâle depuis sa création
en 1985—, c’est en vérité un petit homme énervé,
très soupe-au-lait, volontiers injurieux, ce n’est pas
un tribun mais une sorte de Trissotin, sa rencontre laisse fort peu
de traces, on avait raconté ici même les circonstances
de l’une d’entre elles (voir chronique du 17 juin 2003),
nous n’en restons pas fier. On n’a jamais bien compris non
plus comment un parti sans programme, sans campagne, sans charisme,
sans personnalités et sans visibilité pouvait engranger,
échéance électorale après échéance
électorale, des résultats à faire pâlir ou
presque les voisins de France. Alors, on regarde les chiffres des premiers
sondages pour les communales d’octobre prochain, ils tombent justement
aujourd’hui. Et on voit : à Liège, le FN progresse
de 4,8 %, à Charleroi de 6,7%. Soit 8% des voix à Liège
et 13,6% à Charleroi. Et dire que la condamnation du docteur
n’aura aucune influence sur l’électorat puisque,
en vérité, l’électorat se fout passionnément
d’un docteur qu’il connaît à peine. Si bien
qu’on ne voit pas très bien comment son ascension —
qu’il soit inéligible n’y changera rien — sera
jamais résistible. Et là non plus, on n’est pas
fier.
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