lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 

Elections Américaines 2004
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# Ce jeudi 13 avril 2006, Silvio Berlusconi, déclaré perdant des élections législatives italiennes, estimant “la fraude est massive”, demande un recomptage des bulletins de votes auquel la nouvelle majorité élue agrée.

Dans les mécaniques que Silvio Berlusconi avait usinées pour s’éviter le départ, figurait notamment la révision de la loi électorale — votée il y a à peine six mois— censée lui fournir beaucoup plus pour beaucoup moins (une reconduction obtenue avec moins de voix). On sait aujourd’hui que cela s’est retourné contre lui (je dis bien aujourd’hui puisque, ainsi que l’on commence à le savoir, les recomptes ne sont pas terminés). Il y a, dans ces nouvelles dispositions, ce qui ressemble pourtant bien à une vrai invention politique. Le vote des étrangers expatriés et la découpe du monde en circonscriptions électorales italiennes, seul Berlusconi pouvait en avoir l’idée. L’Italie serait ainsi un pays sur lequel le soleil électoral ne se couche jamais. Que des gens d’Australie, d’Argentine, des États-Unis, de Chine ou de Belgique puissent non seulement participer au vote mais déléguer à Rome l’un des leurs est, il faut bien le dire, fort roboratif. Imaginons, n’est-ce pas, que le Maroc, le Congo, l’Algérie, la Russie adoptent l’idée : ce serait, en quelque sorte, l’envers du communautarisme, nous serions dans la perfusion et la percolation. Un Italien de Suisse disait avant-hier en radio qu’il comptait bien amener quelque chose de ces lois helvétiques qu’ils pratique et connaît mieux que celles sur lesquelles il aura désormais à légiférer. On doit pour cela remercier Berlusconi. A moins qu’il n’ait là encore préparé le poison. Que se passerait-il, en effet, si les députés ou sénateurs élus en Australie ou au Chili refusaient de quitter Adélaïde ou Valparaiso ? Je pense bien qu’alors, on ferait comme d’habitude. On recompterait.