lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 







# Les dimanche 9 et lundi 10 avril se déroulaient les élections législatives italiennes au terme de cinq années de pouvoir de Silvio Berlusconi. Donnée très vite victorieuse, la coalition de gauche menée par Prodi voit sa victoire s’effilocher au fil des heures, passant de dix points d’avance à seulement un dixième le matin venu.

# On peut retrouver Pénombre sur

www2.unil.ch/penombre



À se demander, me dit Eric, ce que peuvent bien vouloir dire les chiffres des Français hostiles au CPE, ceux aussi de la cote d’impopularité de Villepin, ceux du Brent enfin dont les nouvelles non plus n’étaient pas très bonnes ce matin. Y aurait-il une sorte de langue de bois que pratiqueraient les chiffres ? Nous qui composons chaque matin avec la confusion des mots, voilà maintenant qu’il nous faudrait aussi compter sur les chiffres et sur les nombres et les virgules et les pour-cent, et on aura remarqué qu’il n’est plus question ici de politique, de programme, de gouvernement et d’avenir, car le chiffre n’est pas subjonctif comme dirait Orsenna, il est cruellement impératif, il est fâcheusement d’aujourd’hui, il invite à l’action immédiate. Le chiffre, même quand il ment, est volontiers dictatorial. Et il est bien dommage que Pénombre, ce site qui passait son temps à piéger les statistiques soit devenu léthargique depuis presque une année. Il ne nous aura rien dit du comptage des manifestants du CPE et n’aura pas glosé sur ces 49,805 % à Prodi et 49,739 % à Berlusconi, ces 25.000 voix de différence qui sont devenues 30.000 en moins d’une heure. Finalement, le seul chiffre qui nous accroche l’oeil, ce matin, est celui de la montre. On voit que le temps court. Il est temps d’en terminer