lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 









# Le 6 avril dernier, veille de la commémoration officielle du génocide de 1994, les bourgmestres de la Ville de Bruxelles et de Woluwé-Saint-Pierre, commune bruxelloise, renonçaient au dernier moment à autoriser des manifestations hutues devant le Palais de Justice et un monument commémoratif du génocide.



Il semble qu’aujourd’hui, par exemple, la justification de l’Europe par la paix ne fasse plus recette pour les jeunes générations — tant il est vrai que la paix ramène toujours à la guerre et que la guerre, la deuxième, avec ses camps qu’on visite, ses films qu’on regarde, ses cours qu’on apprend, ça commence à bien faire et que nous, les déjà anciens, devrions brider un peu nos mémoires tentaculaires car nous avons mis de la mémoire partout et des commémorations aussi et qu’il n’y a pas moyen de vivre à l’abri de nos mémoires, hommes de cinquante ans qu’avons-nous fait du monde ? — et on y voit de quoi s’inquiéter un peu car l’on n’est pas tout à fait sûr que le programme Erasmus, en regard, fasse à la fois pièce et sens. Peut-être est-ce simplement que nous ne nous rendons pas au pragmatisme — un article dans le Soir, aujourd’hui, signale que les lycéens flamands de terminale comptent bien voter pour leur première expérience électorale, en octobre prochain, pour le Vlaams Belang, parti extrémiste, anciennement Vlaams Blok, jugé plus apte à gérer leur avenir — et n’arrivons nous pas à prendre tout à fait notre parti de l’abolition des rêves et de la trahison des clercs. Le grand écrivain austro-slovène Peter Handke assistait à l’enterrement de Slobodan Milosevic à Pozarevac le 18 mars dernier. Il n’était pas en reportage.