# Le 3 avril, les
services espagnols refoulent, au large des îles Canaries, un bateau
contenant environ 500 émigrants. Trois jours plus tôt,
ces mêmes services avaient récupéré 25 rescapés
dans une embarcation dérivant depuis 17 jours et comptant à
l’origine 57 personnes.
# Le 4 avril, en Belgique, où les occupations d’églises
se multiplient depuis quelques jours, des sans-papiers ayant investi
l’église Sainte-Elisabeth manifestent dans les rues de
Mons et appellent à la régularisation de tous les illégaux
du territoire.
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mais de la chair naufragée et, d’ailleurs, il faudrait
se renseigner sur les poissons qui croissent là parce qu’il
faut arrêter de les manger, c’est une urgence, qu’est-ce
qu’il peut bien y avoir comme ichthyologie régionale, on
voudrait bien savoir parce qu’il n’y aurait rien de plus
désagréable que d’inviter à sa table un poisson
qui aurait dégusté un index de Ghanéen ou un pouce
de Malien dans les eaux canariennes, les mêmes doigts que d’autres
se brûlent en Suède pour échapper aux empreintes,
chair blette ou boucanée c’est toujours une histoire de
doigts, on en imagine un pointé vers un rivage imaginaire, sur
ces barques le doigt indique l’horizon le jour et les étoiles
la nuit, on tend une main en l’air, la même que l’on
menottera à la sortie du centre de rétention quand la
camionnette ramène ton ordre de quitter le territoire vers l’aéroport
le plus proche et que ce coup-ci, c’est toi qui es dans le ciel
et que, si tu te penches, tu les verras peut-être, les 30 que
l’on cherche à moins qu’on ne te fiche un aiguille
dans le bras le jour où tu investiras une église à
Mons, à Charleroi ou à Bruxelles et qu’il s’agira
de te nourrir artificiellement parce que contre l’avis général
tu auras entamé une grève de la faim à côté
du prie-Dieu parce que ta barque, finalement, tu as décidé
de la mener..
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