lautresite, les billets quotidiens du mois d'avril 2006
   


 
 














# Le dimanche 2 avril, en présence du roi Albert II de Belgique, Tom Boonen remporte pour la deuxième fois consécutive le “Tour des Flandres”, devant Leif Hoste.

On s’en va donc, ici et là, réclamer une monarchie réduite au protocole, quelque chose de symbolique, moins que les acquêts, deux fois rien. C’est un nouveau signe, disent les francophones, de l’éclatement prochain du pays. Le roi et sa famille — nombreuse, la famille, jamais famille royale n’a été si nombreuse — ne sont pas loin d’être la dernière maille du tricot belge, il suffit qu’on la laisse filer et le royaume partira en quenouille. Et pour un peu, on irait en république qu’on n’en serait pas plus surpris que ça. Au sud du pays, ainsi que l’on dit, cette hypothèse existe également. Évidemment, certains glosent sur cette drôle d’alliance entre les républicains francophones, plutôt à gauche, et les séparatistes flamands, plutôt à droite. Mais, une fois la monarchie décapitée, que se passerait-il ? Réponse : cela fait des années que des petits partis rattachistes francophones réclament la transformation de la Wallonie en département français : il suffisait d’y penser, il suffira de le faire. Que la Flandre, de son côté, se débrouille ! Comme j’ai peu de goût pour les solutions simples, je me demande cependant s’il ne serait pas plus pertinent — vu les nouvelles convergences de vues — de rattacher la Flandre à la France. Après tout, il n’existe pas de Wallonie française mais une Flandre française, oui. Et c’est vrai que les raisons géographiques ne sont pas moins valides que les arguments de l’histoire ou de la langue. Et c’est pour toutes ces raisons que le roi rejoignit ce dimanche la ligne d’arrivée de Meerbeke et serra la main de Tom Boonen. Parce que son royaume valait bien une kermesse.