Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 

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En ce jour du vendredi 31 mars 2006
. Dans la rue, la semaine dernière. Un sdf assis sur ses cartons attend la nuit. À côté de lui, un homme debout, arabe, la quarantaine, une homme haut et fort qui dit : “Quand on te voit comme ça, on se demande bien, hein, les droits de l’homme, c’est quand même que des conneries, les droits de l’homme”. “Peut-être, répond l’autre, mais t’as jamais entendu parler de l’article 27 et de l’article 60”. Il y a une scène comme cela dans le Fantôme de la Liberté de Bunuel et Carrière, au début, avant que le satyre n’attire à lui la jeune enfant sur laquelle sont censées veiller des nourrices rendues inattentives par une longue disputation à propos d’un terme juridique très compliqué — ma mémoire ne l’a pas conservé, c’était il y a longtemps à vrai dire, nous avions encore des salles de cinéma dans les centre-villes — et cela fait partie des conversations que l’on capte, des choses improbables, des bouts de dialogues que la rue fournit gratuitement, ainsi moi, un jour, à un agent, bonjour Monsieur l’Agent, est-ce que vous connaissez la rue du Houblon et l’agent de répondre qu’effectivement il la connaissait et de tourner les talons étant entendu qu’à la question que j’avais posée il avait bel et bien répondu et donc les paroles diagonales sauvées de la rue (...)