Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 










# Les associations étudiantes et lycéennes ainsi que les syndicats français ont décrété le 28 mars 2006 jour de grèves et d’actions afin d’obtenir le retrait du Contrat de Première Embauche institué par le gouvernement de Dominique de Villepin.



On parlait hier des rêves des jeunes et l’on trouvait petit le grand monde qui les happe — puisque aussi bien chacun désormais y cherche son 50m2, guère plus, guère moins — et l’on se disait qu’une société dont le travail seul barre l’horizon, une société qui n’a que l’emploi à proposer à ses enfants, est une bien pauvre chose. Voilà donc que l’on pense embaucher à la criée — nous viennent ici des images de ports aux pavés gras, le matin est humide et jeune, les prolétaires ont les yeux creusés, le contremaître remplit de croix son carnet du jour, on embauche, on veut de la main-d’œuvre, on est l’offre, envoyez la demande ! L’embauche dont il est question dans ce CPE est antonyme de la débauche. Débaucher, à l’origine, c’était dégrossir, s’agissant du travail de charpentier. L’on débauchait ainsi un tronc pour en faire des poutres. L’embauche figurerait alors le contraire : il s’agirait de partir de la poutre pour produire de l’arbre. Et l’on se dit alors que, quoi qu’on en pense, les jeunes de France ont bel et bien été embauchés. Ils ont, en effet, renversé la question. On les avait voulu bâtons, les voilà forêts !