Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 






# Eric Laurent, journaliste et directeur littéraire est l’auteur à succès d’ouvrages sur les coulisses d’événements mondiaux comme “La guerre des Bush” ou “le mond esecret des Bush” a récemment publié “La Face cachée du pétrole”aux éditions Plon.

# John Saul, essayiste canadien, auteur des “Bâtards de Voltaire”, de “La démocratie dans un cul-de-sac ou du “Compagnon du Doute” vient de faire paraître “Mort de la globalisation” chez Payot (isbn 2-228-90046-X).



Il dit qu’en 2010 nous n’aurons plus de pétrole, nous qui pensions tenir encore une cinquantaine d’années et pouvoir nous retourner, je ne sais pas moi, vers le vent, l’eau, le bois, ces choses palliatives nous permettant d’espérer encore. Et nous voilà d’un coup rabougris, petits vieux, déssechés, imaginant déjà nos voitures garées ad vitam devant nos trottoirs, car rien pour les alimenter ni personne pour les dépanner. Évidemment, cela relativise nos soucis— les deux derniers dossiers brûlants, ici, concernent le circuit de Francorchamps et l’aéroport de Zaventem — mais tout de même pourquoi faut-il que John Saul s’y mette aussi ? Notre vieil ami Saul aussi annonce ce lundi que la globalisation est terminée. Que la route va se faire très vite dans l’autre sens. Qu’on va démondialiser et relocaliser. Et que ce ne sera pas nécessairement “Moins mais mieux” comme disait Lénine. Et puis Le Monde également, ce samedi, invitait à la décroissance : six pages pour prendre date, il s’agit d’une urgence. Quelque chose s’enroue, on a l’impression d’une fin annoncée, on dirait bien aussi qu’une forme naît. On nous dit de toutes parts, en ce lundi 27 mars, que notre monde, demain, sera plus petit et les choses plus rares. Et qu’il va nous falloir bientôt recultiver nos jardins. C’est-à-dire, pour la plupart d’entre nous, se trouver un lopin et se souvenir encore comment poussent les salades. Si ce type repasse demain avec sa police d’assurance, accueillez-le gentiment, et signez lui son papier. Le risque en toute sécurité. Vous allez en avoir franchement besoin.