Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 










# Le mercredi 22 mars, ETA, Euskadi Ta Askatasuna, Parti basque et Liberté, créé en 1959, sous le régime franquiste, annonçait lors d’une conférence de presse retransmise par radio Euskadi et filmée en vidéo son intention d’ouvrir “un cessez-le-feu permanent”, édifiant “un nouveau cadre au sein duquel soient reconnus les droits qui (leur) reviennent en tant que peuple”.



Si l’on comprend bien, avec l’annonce par ETA d’un état de cessez-le-feu permanent, il n’y aura plus demain rien de tout cela et seuls quelques Corses continueront d’activer des bombinettes, fournissant une coloration supplémentaire à l’exception française. On espère bien donc que ce sera la dernière fois que l’on verra et entendra —sauf évidemment sur FR3 Corse et Frequenza Maura— des types encagoulés lire de médiocres communiqués de presse d’une voix mâle et hâbleuse, du genre nous avons raison et vous avez peur, parce que la peur, aujourd’hui, a changé de camp et a démodé d’un coup les derniers dynamiteurs continentaux. ETA à côté d’Al Qaida, ce n’était plus ça : Madrid 2004 a tranché la question. Les Espagnols avaient fini par les considérer comme des supplétifs de la terreur et il n’y a plus eu que le gouvernement Aznar pour vouloir tromper son petit monde et faire porter aux Basques un chapeau mal séant. Il doit bien y avoir une maxime postmarxiste pour expliquer pourquoi le petit, un moment, doit céder le pas devant le grand et comment ce processus va conduire inéluctablement à la victoire finale. Cela doit bien exister quelque part. Tant il est vrai qu’on n’est jamais à l’abri de gens imbéciles et aveugles.