Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 

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En ce jour du mardi 14 mars 2006
. Bien entendu, les plus nostalgiques du président défunt dont la dépouille semble aujourd’hui hésitante (certains navires toxiquement chargés font ainsi la ronde des océans sans trouver ni paix ni hâvre; au total, sa tombe ferait pourtant un tout petit charnier) se trouvent ailleurs qu’en Serbie. On les rencontre plus aisément chez ces “pacifistes” belges, par exemple, qui avaient choisi de sauvegarder les ponts de Belgrade des bombardements de l’OTAN quand ils avaient soigneusement évité la cuvette de Sarajevo sous les obus “fédéraux”. Ils nous font peine, ils nous font honte aussi, et je relisais hier, afin de me dépêtrer de ces salmigondis idéologiques, quelques pages du très beau “En nous les futurs morts grandissent “ de Yan de Kerorguen car il n’y a rien à faire, lorsque l’on lit ces mails qui nous arrivent sans qu’on les ait sollicités, on ne se sent pas seulement sali, on se sent aussi sale. Et l’on court alors au plus proche, chez de Kerorguen par exemple : on dirait bien qu’il a assisté en direct à la naissance de cette guerre, en 1992, il y était d’ailleurs, et ce livre est aussi un exercice expiatoire, il se souvient avoir serré la main du docteur Karadzic, le poète-médecin-combattant, et cette main là aussi l’a sali, il en a gardé l’empreinte dans sa paume. Il a écrit pas moins de 397 pages pour se laver les doigts et, parce que de temps en temps il ne faut pas avoir peur, on dira aussi que c’est un grand livre. (...)
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