Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 






# Le samedi 11 mars 2006, Slobodan Milosevic, ex-président de Serbie et de la République yougoslave, est retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Scheveningen où résident les inculpés devant répondre devant le tribunal Pénal International de La Haye. Il avait été arrêté en avril 2001 et répondait de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crime de génocide pour le massacre de Srebrenica.






Mais enfin, comme disait ce jeune soldat serbe, maintenant, tout le monde est mort, Milosevic, Tudjman, Izetbegovic (et Djindjic donc, de même que Arkan, de même que Babic, de même de Djukic, de même de Kovacevic, de même que Dokmanovic, de même que Stojicic, de même que Perosevic..), on ne fait pas de vieux os après ces guerres, cette page est tournée, on la retrouvera dans les livres d’histoire et le temps tranchera les affaires politiques. Et c’est bien cela le plus douloureux : quand on laisse au temps le travail de la justice. On a le même sentiment que devant la dépouille trouée de Ceausescu à Noël 1989 : le prisonnier de Scheveningen n’avait pas tout dit, il ne dira plus rien, la bouche des morts est cousue, nous restons avec nos questions dans la gorge et il n’est plus utile du tout d’arrêter Mladic et Karadzic, ces futurs morts : la disparition de Milosevic — après cinq ans d’un procès jamais fini, le droit anglo-saxon conduit à une sorte d’aboulie, il est long et lent, c’est une misère — vient de les exonérer. Aux échecs, la sicilienne Scheveningen figure une ouverture déstabilisante. C’est l’une de celles que préférait Gary Kasparov. Je ne sais pas s’il existe une manière de clôturer le jeu qui s’appelle aussi “Scheveningen”, mais la manière qu’a eue Milosevic de sortir de prison brouille définitivement les pistes, hélas.