Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
   


 
 

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En ce jour du lundi 13 mars 2006. Milosevic, c’est quinze ans trop tard ou deux ans trop tôt. Désormais, c’est à qui va retenir quoi : qu’il est mort innocent, qu’il est mort inculpé. Et lorsque la justice ne passe pas sur un pays où le passé lui-même est handicapé, on est rendu à toutes sortes d’hypothèses et l’on sait déjà que tout ce qui fait le révisionnisme et le négationisme a désormais du grain à moudre pour des années entières. Lorsque l’on regardait les images des longues cohortes de fuyards kosovars arrivant aux frontières, en 1999, d’aucuns soutenaient, par exemple, qu’il s’agissait là d’une manipulation supplémentaire, comme quoi ces gens défaits étaient des figurants payés par les Américains et que la meilleure preuve était que l’on voyait toujours les mêmes visages à la télévision. Aujourd’hui, pour une part non négligeable de l’opinion, il n’est pas douteux que Slobodan Milosevic et son régime continuent d’incarner une sorte de chavezisme européen, la résistance jusqu’au-boutiste et admirable aux puissances mondiales, l’honneur de l’Europe, rien de moins. Sa mort ne clôt aucun dossier. On peut s’interroger sur cette malédiction des Balkans où rien ne semble jamais fini. La collision mémorielle, par exemple, entre ce qui fera désormais commémoration de Zoran Djindjic — assassiné dans la rue le 12 mars 2003 — et de Slobodan Milosevic — mort dans son lit le 11 mars 2006 — continuera de hanter la Serbie de ces prochaines années : c’est Djindjic, on s’en souviendra qui avait fait arrêter Milosevic et organisé son transfert à la Haye. (...)
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