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En
ce jour du jeudi 9 mars 2006. Si l’on peut dire, Fehriye Erdal s’est
délivrée toute seule un ordre de quitter le territoire.
Voilà une candidate réfugiée dont la Belgique n’aura
donc plus à s’occuper. Fehriye Erdal avait introduit une
demande d’asile en Belgique, une fois parvenue sur le territoire
où, on s’en souviendra, elle avait été emprisonnée
durant neuf mois avant de faire l’objet d’une libération,
d’une assignation à résidence et d’une surveillance
régulière. On connaît la fin provisoire de l’histoire
: Fehriye Erdal a semé ses suiveurs et a joué les filles
de l’air au moment où son procès allait enfin s’ouvrir.
On sait maintenant que la justice belge la considère comme membre
d’une association terroriste et ce que l’on sait aujourd’hui,
on ne le savait pas hier et les ministres ont bien raison d’en appeler
au respect de l’état de droit et d’insister sur le
fait que qui n’est pas condamné n’est pas coupable,
mais tout de même on ne peut pas s’empêcher de se dire
qu’il y a des gens, dans ce pays, dont, sans que l’on comprenne
pourquoi, la liberté est surveillée tandis qu’il y
en a d’autres pour lesquels, sans qu’on le comprenne plus,
la détention est préventive. Il y a aussi des gens qui ne
sont suspectés de rien du tout, sauf de n’être pas
là où ils le devraient, et qui se retrouvent dans des prisons
que l’on appelle centres fermés et où la détention
n’est préventive que dès lors qu’elle précède
une expulsion. On aura beau dire ce que l’on voudra, l’état
de droit, de temps en temps, on ne s’y retrouve pas bien. Je me
demande bien quel type de réponse il va trouver, l’état
de droit, à la question que posent les grévistes de la faim
de l’église Saint-Boniface à Ixelles, par exemple.
Les clandestins de Boniface, c’est le contraire de Fehriye Erdal
: ce qu’ils veulent, eux, c’est, surtout, rester ici. |