Les billets quotidiens de lautresite, mars 2006
Le billet du jour

Jeudi 9 mars
Vendredi 10 mars
Lundi 13 mars
Mardi 14 mars
Mercredi 15 mars
Lundi 20 mars
Mardi 21 mars
Mercredi 22 mars
Jeudi 23 mars
Vendredi 24 mars
Lundi 27 mars
Mardi 28 mars
Mercredi 29 mars
Jeudi 30 mars
Vendredi 31 mars




Nous contacter
courrierlautresite@skynet.be




En ce jour du jeudi 9 mars 2006. Si l’on peut dire, Fehriye Erdal s’est délivrée toute seule un ordre de quitter le territoire. Voilà une candidate réfugiée dont la Belgique n’aura donc plus à s’occuper. Fehriye Erdal avait introduit une demande d’asile en Belgique, une fois parvenue sur le territoire où, on s’en souviendra, elle avait été emprisonnée durant neuf mois avant de faire l’objet d’une libération, d’une assignation à résidence et d’une surveillance régulière. On connaît la fin provisoire de l’histoire : Fehriye Erdal a semé ses suiveurs et a joué les filles de l’air au moment où son procès allait enfin s’ouvrir. On sait maintenant que la justice belge la considère comme membre d’une association terroriste et ce que l’on sait aujourd’hui, on ne le savait pas hier et les ministres ont bien raison d’en appeler au respect de l’état de droit et d’insister sur le fait que qui n’est pas condamné n’est pas coupable, mais tout de même on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’il y a des gens, dans ce pays, dont, sans que l’on comprenne pourquoi, la liberté est surveillée tandis qu’il y en a d’autres pour lesquels, sans qu’on le comprenne plus, la détention est préventive. Il y a aussi des gens qui ne sont suspectés de rien du tout, sauf de n’être pas là où ils le devraient, et qui se retrouvent dans des prisons que l’on appelle centres fermés et où la détention n’est préventive que dès lors qu’elle précède une expulsion. On aura beau dire ce que l’on voudra, l’état de droit, de temps en temps, on ne s’y retrouve pas bien. Je me demande bien quel type de réponse il va trouver, l’état de droit, à la question que posent les grévistes de la faim de l’église Saint-Boniface à Ixelles, par exemple. Les clandestins de Boniface, c’est le contraire de Fehriye Erdal : ce qu’ils veulent, eux, c’est, surtout, rester ici.